SNMS

Le grand Livre
223 pages • Dernière publication le 06/05/2020

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HISTORIQUE & ARCHIVES / Les archives du SNMS (communiqués, comptes-rendus, photos...) / Page 171 • Publiée le 01/10/2019

2019 (juillet) éditorial du président Guy Pierre Couleau

"L’art n’est ni un reflet ni une transposition de la réalité ; c’est une réponse à la réalité "
Tadeusz Kantor

Guy Pierre Couleau à Avignon lors de l'événement
Guy Pierre Couleau à Avignon lors de l'événement "Première Approche"

 
Le Syndicat National des Metteurs en Scène organise trois événements au cours du festival d’Avignon : « Première Approche », rencontre théâtrale publique organisée de concert avec les Actrices et Acteurs de France Associés (AAFA) et les Ecrivains Associés du Théâtre (EAT). Un grand débat organisé au village professionnel sur le thème un brin provocateur : « les metteurs en scène ont-ils encore quelque chose à dire ? ». Et la projection à la Maison Jean Vilar du film documentaire de Cyril Le Grix produit par le SNMS : « Les Artisans de l’éphémère ».

Ces trois événements symbolisent notre action et d’une certaine manière notre philosophie : travailler ensemble avec les auteurs texte et les artistes interprètes à la découverte de nouvelles écritures scéniques ; être un lieu du débat et de la réflexion ouvert à tous ; valoriser la place de la mise en scène dans l’art contemporain et dans le temps présent.

Nous, femmes et hommes qui mettons en scène, sommes des artistes. Ce que nous proposons répond au réel. Nous ne cherchons pas à en reproduire l’image, tout comme nous ne tentons pas d’en offrir une transposition. Nous lui répondons. Cette position est certainement la seule qui puisse nous réunir aujourd’hui, face aux replis sur soi, aux égoïsmes, aux intérêts mercantiles qui semblent insidieusement et insensiblement prendre place dans la pratique de nos métiers. Reste-t-il alors une place pour le théâtre d’art ? Existe-t-il encore un théâtre d’intérêt public ? L’expansion quasi exclusivement commerciale de grands rendez-vous professionnels, comme celui d’Avignon, accentue encore ce phénomène pernicieux : travailler hors des réseaux connus et contrôlés du théâtre est devenu synonyme d’une mise à l’écart et, de fait, une marginalisation des compagnies et des metteurs en scène est en train de s’opérer. L’uniformisation et le conformisme des œuvres sont le dangereux corollaire de cette situation paradoxale. Méfions nous d’un modèle unique en toute chose et préférons la diversité pour ce qu’elle offre de richesse à nos points de vue.

La réalité du monde est complexe et nos réponses artistiques à ce réel sont, elles aussi, complexes. Du moins doivent-elles le rester. Car nous le savons bien tous, les routes de traverse sont toujours les plus créatrices, les plus émouvantes, les plus enrichissantes et les plus inventives. Trouver la juste mesure entre la nécessaire organisation de nos métiers et l’indispensable liberté de création, représente un défi immense mais c’est pourtant celui qui nous attend pour construire le futur de notre art. La mise en scène est un art nécessaire, aujourd’hui plus que jamais sans doute et les metteurs en scène que nous sommes, femmes et hommes libres, devons continuer d’être ces rassembleurs, ces preneurs de parole et ces artisans, travaillant sans cesse à inventer des formes nouvelles qui tentent de répondre par l’art à la réalité.

Guy Pierre Couleau

(Texte pour la newsletter de juillet et la page d'accueil du site SNMS)



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